Accueil Catalogue Commander Contact Forum FAQ
Les Editions Muffins
Les Editions Muffins

Navigation
Autres liens

Newsletter

Blog Myspace des Editions Muffins

Les Editions Muffins sur Facebook

---------------------


Entretien avec Karen Merveille

* Comment êtes-vous venu au yaoi ? Quelle est votre vision de ce genre si particulier ?

Je ne me souviens pas avoir eu un jour un avis négatif envers l'homosexualité. Par exemple, lorsque j'étais adolescente, j'adorais le couple formé par Tara et Willow dans Buffy et je lisais principalement les romans d'Anne Rice pour l'ambiguïté de ses personnages. De même, je ne voyais pas ce qu'il y avait d'étrange à inclure des personnages bisexuels dans mes premiers écrits. Bien entendu, c'était tout de même moins flagrant qu'aujourd'hui et assez naïf. J'étais plus jeune. De ce fait, je suis venue naturellement au yaoi (ainsi qu'au yuri) lorsque j'en ai entendu parlé, durant mes années de lycée (je devais avoir 16 ou 17 ans). J'ai eu une phase où je ne lisais plus que ça, mais elle m'est passée et je suis devenue beaucoup plus sélective quant aux titres que je lis.
On dit souvent que le yaoi n'est pas un genre réaliste, donc qu'il ne peut pas intéresser le lectorat gay (alors qu'il y a de plus en plus de lecteurs masculins qui se manifestent sur les forums dédiés) mais je pense que cela dépend surtout de la sensibilité du lecteur, des thèmes qui le touchent, de ce qu'il recherche dans un livre (ou un manga). Pour faire une comparaison plutôt judicieuse puisque l'on reste dans la romance, certaines femmes se retrouvent dans les Harlequins, d'autres (comme moi) non. Donc je pense que certains lecteurs (homme ou femme) pourront se retrouver dans le yaoi, d'autres non. Il faut aussi noter que si beaucoup d'oeuvres yaoi sont effectivement dans les clichés du genre (uke, seme, etc...), cela ne signifie pas que tous les mangas yaoi se ressembleront réellement ou useront des clichés. Des œuvres comme « Crimson Spell » de Yamane Ayano ou « Otona No Mondai » (problèmes d'adultes) de Ima Ichiko sont radicalement différentes, l'un étant un pur divertissement avec ce qu'il faut d'érotisme et exploitant les clichés, l'autre traitant des relations d'un fils et de son père gay, et des déboires de ce père gay avec son amant. Qui plus est, il ne faut pas commettre l'erreur de croire que le yaoi se limite à ce que publie Tonkam (le médiocre « Gakuen Heaven »...) ou Asuka (même si « Le jeu du chat et de la souris », un ladies à la base, sort du lot). C'est à cause de l'image que l'on a du genre, qu'une série comme « Love Me Tender », publiée par un magazine yaoi au Japon (le même que « Gravitation ») et traitant, entre autre, du travestissement et de la transexualité, se retrouve en France dans une collection « jôsei » (pour femmes adultes). Je suppose que l'éditeur jugeait que c'était trop "intellectuel" pour des lectrices de yaoi, contrairement à « Gravitation »... Honnêtement, ça me fait de la peine car plein de lecteurs de yaoi doivent passer à côté de ce manga, qui leur est pourtant destiné...

* Quelles sont vos influences artistiques, vos sources d’inspiration ?

Elles sont assez éloignées du yaoi. En matière de romans, je voue une grande admiration à Terry Pratchett et à sa série du « Disque Monde ». Je n'ai jamais autant ri que devant un livre de Pratchett et il manie les mots à merveille. J'apprécie aussi l'œuvre de Robert E. Howard (« Cona »n, entre autre), l'un de ceux qui a jeté les bases de l'heroic fantasy. Il y a aussi, bien entendu, Anne Rice. « Memnoch le démon » m'a particulièrement marqué et c'est elle aussi qui m'a redonné goût à l'écriture, après un passage à vide durant mes années de lycée. J'ai aussi récemment découvert Clive Barker. Il y a bien entendu d'autres auteurs (notamment japonais) que j'apprécie mais la liste serait un peu longue.
Il y a ensuite les séries télévisées. Je regarde principalement des séries de fantastique et de SF, tel que « Buffy », « Angel », « Star Trek » (DS9 étant ma déclinaison préférée), « Farscape », « Torchwood », etc... mais aussi des séries plus proches du thriller et du policier, comme « Dexter » et « Re-genesis ».

* Avez-vous fait des études de lettres ?

J'ai fait un bac littéraire où les cours de philosophie étaient ennuyeux à mourir et j'effectue une licence de japonais bien plus passionnante. J'apprécie les cours de littérature japonaise mais parfois j'ai l'impression que ma tête va exploser tant les analyses de romans peuvent aller loin. C'est d'un tout autre niveau que les cours du lycée où je luttais contre le sommeil. Par moment, je regrette de ne pas avoir fait une carrière scientifique, dans la recherche, par exemple, mais s'évanouir durant les cours de dissections en biologie est plutôt mauvais signe, non ?

* Depuis quand écrivez-vous ? Comment travaillez-vous ?

J'écris réellement depuis l'âge de 13 ans, plus ou moins (j'étais alors en 3ème). Avec les jeux vidéo, cela me servait d'exutoire vis-à-vis de mes problèmes à l'école. Avant ça, j'avais fait quelques essais mais rien de véritablement sérieux. Les trucs qu'on gribouille quand on est gamin...
Ma méthode de travail doit paraître assez ignoble aux yeux de certains auteurs bien plus organisés : je commence des tas d'histoire en même temps car ma tête fourmille d'idées, je n'en termine que la moitié et je ne fais jamais de plans pour déterminer le déroulement de l'intrigue. Fort heureusement, j'ai une excellente mémoire, du moins pour ça, et depuis que j'ai commencé à écrire des fanfics, je commence à mieux me discipliner, car je me force à finir toutes mes histoires. Oh, et aussi, j'ai tendance à pommer la psychologie de mes personnages ou à oublier des détails. Il faut que je me force à faire des fiches...

* Que vous procure le fait d’écrire ?

Si je ne sortais pas de ma tête toutes les histoires que j'ai dedans, je crois que je deviendrais folle. Non, sérieusement, c'est plaisant mais en même temps éreintant, car une fois qu'on a écrit une histoire, il faut corriger, encore corriger et, oh, devinez quoi, corriger. Et même quand vous corrigez, il y a encore des fautes. Ce n'est jamais terminé. Même lorsque c'est publié, je n'ai jamais le sentiment d'avoir terminé. Si je pouvais encore corriger « Macabres Illusions » pour l'améliorer, je le ferais volontiers.

* Comment est né l’histoire publiée par les Editions Muffins, ses personnages…

C'est assez compliqué... Un roman concernant des personnages qui ne sont pas présents dans la nouvelle m'est venu à l'esprit après la terminale. L'influence d'Anne Rice était très présente (devinez pourquoi...). Mais ce roman est parti en eau de boudin (du très beau boudin de sang), donc j'ai écris une novella à partir de ces mêmes personnages, novella que vous verrez peut-être un jour... Toujours à partir du même univers, j'ai commencé à imaginer des histoires courtes dont le héros serait toujours le même : Nathaniel, le fantôme exorciste. J'ai repris ce personnage pour « Macabres Illusions » mais en le rendant bien plus antipathique, afin de créer un contraste avec les autres protagonistes. Enfin, en voyant le thème de la rentrée pour l'AT, une idée sans aucun rapport a commencé à germer dans ma tête. Je me demandais ce qui se passerait si une personne vivant une NDE (ou EMI - Expérience de Mort Imminente, en français) revenait avec des pouvoirs particuliers, notamment la capacité de voir les esprits... C'est comme cela que Gabriel est né. J'ai eu envie de lui rajouter quelque chose de personnel, en lui donnant une phobie scolaire. J'ai moi-même eu ce problème, bien que les raisons soient entièrement différentes. Les personnages de Brigit et de Marc ont été assez simples à créer. Je vois Marc comme un homme fort, sur lequel Gabriel puisse se reposer de temps en temps, mais qui ne vienne pas constamment à son secours (de toute manière, je déteste les caractérisations de type uke/seme). Brigit apparaît comme la meilleure amie typique dans la nouvelle. Je n'ai pas pu la développer comme je le souhaitais... Ce n'est pas la seule chose que j'ai du "couper" pour entrer dans la limite de caractère. Mais par la suite, elle gagnera un rôle bien à elle.

* Pourquoi ce titre ?

Au début de l'histoire, Gabriel ne sait pas s'il est victime d'hallucinations ou si ce qu'il voit est réel. C'est aussi en lien avec les pouvoirs des fantômes.

* Avez-vous rencontré des difficultés dans vos démarches auprès des éditeurs ?

Oui et non... Durant mon adolescence, j'ai osé envoyer mon premier roman (de fantasy) à des éditeurs. Je vous laisse imaginer les réponses. Ce n'est qu'en 2007 que j'ai osé franchir à nouveau le pas. J'ai proposé une histoire pour le fanzine Monk et celle-ci a été refusée, fort heureusement serais-je tentée de dire (c'était médiocre). Ensuite, j'ai tenté l'appel à texte des Editions Muffins. Cependant, je ne crois pas pour autant que tout est acquis. A l'avenir, j'aurai bien des refus à essuyer.

* Avez-vous déjà travaillé avec d’autres maisons d’édition ? Quels ont alors été vos précédents projets professionnels ?

J'ai eu l'occasion d'écrire des articles pour le premier numéro de « Manga 10000 images » des Editions H, consacré au yaoi, et j'ai aussi deux chroniques pour le deuxième. Je suis encore étudiante, alors je n'ai pas vraiment eu le temps, ni l'opportunité de faire plus. En ce moment, j'aide les éditions du petit caveau, un projet d'Ambre Dubois entre autre. J'ai notamment réalisé le design du site et je lis aussi les manuscrits reçus.

* Qu’est-ce qui vous a conduit à travailler avec les Editions Muffins ? Quelle est votre vision sur la maison d’édition ?

Les Editions Muffins me paraissaient plus accessibles. Envoyer un texte où un ou plusieurs personnages sont homosexuels ou bi n'est pas évident, même de nos jours. Si on met de côté la qualité du texte lui-même (qui peut expliquer un refus), certaines maisons refuseront car ces personnages les gênent, d'autres parce que vous êtes une femme écrivant sur des hommes et que vous devriez vous contenter des lesbiennes ou des hétéro. Je ne dis pas que toutes les maisons d'éditions sont comme ça, fort heureusement, mais on ne sait jamais par avance qui va lire le texte et certaines maisons d'éditions peuvent envoyer des retours très... décourageants (on est loin de la gentille lettre type des grands éditeurs). Et quand on reçoit plusieurs lettres comme ça, comment ne pas avoir envie d'abandonner ? Avec les Editions Muffins, j'étais certaine de pouvoir écrire ce que je voulais, mais aussi que mon texte soit jugé pour ses qualités et non pour la sexualité de ses héros.
Je pense que les Editions Muffins sont une chance pour les auteurs de yaoi et j'espère que les fans le comprendront et achèteront les différentes œuvres publiées, surtout quand on voit que tous se plaignent sur les forums de ne pas avoir assez de yaoi en France. Comme je le dis souvent : un jour, c'est peut-être vous que les Editions Muffins auront l'occasion de publier, alors soutenez-les.

* Avez-vous d’autres ouvrages en cours, sous le clavier ou le crayon ? Avez-vous un scoop à nous confier sur votre prochain roman ?

Je travaille sur deux projets. L'un est un projet de fantasy basé sur le tout premier roman que j'avais écrit et envoyé à des éditeurs lorsque j'étais plus jeune, l'autre est tout simplement la suite de Macabres Illusions. J'ai déjà achevé la première nouvelle et elle prendra place dans un recueil, la seconde est en cours d'écriture. Plutôt que d'écrire un roman, je préfère travailler sur des histoires courtes mais qui dévoilent au fur et à mesure un fil conducteur (un peu comme les épisodes d'une série télévisée) jusqu'à l'épisode final. J'ai assez d'idées d'histoires pour deux volumes, je pense.
Par contre, ces suites s'annoncent plus horrifique que Macabres Illusions. Donc si vous n'avez pas aimé l'ambiance de Macabres Illusions, il est certain que vous n'allez pas aimer la suite...
Comme je suis lente à écrire, ça risque de prendre un peu de temps, hélas...


Collection Boy's love
Nos ouvrages
En savoir plus
Goodies
Nos Goodies
© Les Editions Muffins - v02 - Fev2009