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Le Boy's Love

Le Boy's Love en général et le Yaoi en particulier sont des genres nés au Japon, généralement définis comme destinés à un public féminin. Pour mieux comprendre à quoi ils se rapportent, voici quelques définitions de ces mots venus d'ailleurs...

YAOI

Y.A.O.I. est l'acronyme de « YAma nashi, Ochi nashi, Imi nashi » [Pas de montagne (dans le sens : point culminant - jouissance), pas de chute, pas d'histoire]. La seconde définition est une version abrégée de « YAmete Oshiri ga Itai » [Arrête, j'ai mal au "cul" !].

Les prémices du genre sont apparus au japon au cours des années 70. Les auteurs de l’époque auraient alors commencé avec des histoires très softs, que l’on nomma à l’époque Shonen ai. (comme Kaze to ki no uta de Keiko Takemiya ou Toma no shinzo de Moto Hagio) Ces œuvres dépeignaient des relations romantiques et tragiques entre de jeunes garçons.

C’est dans les années 80 que le terme même de Yaoi nait au Japon pour désigner des Dojinshi (mangas le plus souvent dessinés par des amateurs et mettant en scène des personnages non-originaux) comportant des scènes érotiques entre personnages masculins issus de mangas ou animes populaires.

La « légende » voudrait que tout ait commencé quand des mangaka amateur, face au ras-de-marré des Shonen (manga mettant en scène essentiellement des garçons comme Les Chevaliers du zodiaque, Olive et tom, les séries Gundam…) mettant en scène d’innombrables amitiés fraternelles et viriles, aient décidé de parodier ces titres, en imaginant ce que cacherait de telles relations parfois ambiguës, allant jusqu’à proposer des relations amoureuses et sexuelles entre les protagonistes. Dans les faits, ces dojinshi parodiques ne présentaient alors que peu d’histoire, se limitant même le plus souvent à de simples scènes de sexe. C’est ainsi que cet acronyme devint très vite synonyme d'une histoire au scénario peut existant et au seul contenu sexuel entre deux hommes.

A partir de ces faits, il s’est avéré que la popularité des histoires (qu’elles soient dessinées ou écrites) mettant en scène des couples homosexuels, avec ou sans graphisme sexuel, n'a cessé dés lors d’être grandissante parmi le public féminin japonais. Si bien que le mouvement fut très vite suivi par une production d'œuvres originales réalisées par des auteurs professionnels : c'est la naissance du genre yaoi à part entière !

En Europe, il persiste de nos jours, la fausse idée, que de par son origine, ce genre nouveau ne regrouperait que des œuvres à caractère purement sexuel, que le Yaoi ne serait rien de plus que du Hentai (manga ou animés japonais à caractère pornographique à destination des hommes) ou de la pornographie pour fille. Or, à ce jour, les mangas, romans et animes yaoi offrent en fait un vaste panel de genres, de la comédie à la science-fiction, des robots géants à la romance de collégiens, avec en général de longues et complexes intrigues. L'acte sexuel, s’il est présent, est le plus souvent mis en scène comme un acte d'amour, la romance étant toujours au premier plan. Nombre d’ouvrage yaoi sont même peu explicites. Il n'y a guère aujourd’hui que les dojinshi yaoi cités plus tôt qui minimisent l'intrigue en faveur de l'acte sexuel.

Aujourd’hui, si le Yaoi ne désigne au Japon que la portion des œuvres ayant un contenu sexuel, le terme est donc utilisé par les fans occidentaux comme un terme général pour désigner toute forme de romance entre deux hommes, même si elle est uniquement suggérée.

En littérature, d'autres termes ont été en usage de par le passé (comme June, Tanbi) mais sont depuis tombés en désuétude.

A ce jour, le terme moderne utilisé par les maisons d'éditions japonaises pour catégoriser les œuvres commerciales (mangas, animes, CDs, jeux vidéos ou romans) ayant pour intrigue une romance entre hommes et destinées à un public féminin est : Boy’s Love (BL).Principalement écrit par des femmes à destination des femmes, le Boy’s love (Amours de garçons) est aussi nommé Yaoi. Mettant en scène des histoires entre hommes, ce genre à part entière est né au Japon.

Boy's Love

Boy's Love est une expression anglaise se traduisant littéralement par « Amour de garçon ».

Dans l'univers très classifié du manga et roman japonais, le BL est très vite devenu un genre à part entière, désignant par ce terme les œuvres dont l'intrigue principale traite d'une romance homosexuelle masculine, qu'il y ait un contenu sexuel explicite ou seulement une relation platonique.

Historiquement ces travaux ont été mentionnés comme June, du nom d’un magazine qui les publiait. Mais cela ne dura pas pour éviter toutes confusions.

De nos jours et au Japon, plus des deux-tiers des ouvrages estampillés BL sont des romans et le reste des mangas. Les romans BL sont immensément populaires dans ce pays, chaque titre publié dépassant même en terme de vente un titre de manga BL.

Le marché ciblé par les publicitaires et éditeurs est principalement les femmes, bien qu'il y ait aussi des publications à cibles multiples. Cela ne signifie pas que les hommes ne lisent pas de BL, simplement que les annonceurs, les rédacteurs et les auteurs ciblent principalement une population féminine.

Ces œuvres étant donc principalement écrites par des femmes et pour des femmes, elles mettent en scène les fantaisies féminines de ce qui est sexuellement attirant pour elle, et donc non nécessairement pour un homme homosexuel. La relation homosexuelle dépeinte, sentimentale et physique, est fréquemment codifiée selon les stigmates hétérosexuels et donc loin, en certain cas, de la réalité.

De ce fait, on retrouve souvent un modèle du couple homme-femme, avec un partenaire viril dominant (Seme - du verbe semeru, dominer) et son amant efféminé et vulnérable à la psychologie plus féminine (Uke - du verbe ukeru, recevoir).

Toutefois, ce genre étant tout juste naissant, ses codes ne cessent d’évoluer, et avec ses changements, ces stéréotypes s’amenuisent ou évoluent en d’autres sens.

Dans les années 2000, le genre s’enracina pour la durée, avec des éditeurs comme Biblos qui proposèrent des œuvres de toute tendance. Certain magazine continuant même de publier des titres proches du Tanbi (la complexité littéraire en moins). Avec la disparition récente de Biblos, dont les titres ont été majoritairement reprit par Libre, tout est de nouveau en mouvement pour un genre faisant figure d’enfant au regard de son indéniable jeunesse.

Tanbi

Dans les années 80 s'est aussi développé le Tanbi, un genre très complexe portant sur le manga mais aussi la littérature.

Le mot Tanbi signifie « l'adoration et la poursuite de la beauté ». L'amour masculin y était idéalisé et on y employait une narration hautement littéraire (kanji rare), rendant la lecture difficile pour des étrangers. Exclusivement écrites par des femmes, ces histoires étaient conçues pour la beauté et la poursuite de la beauté seulement.

Ce genre, principalement publié dans le magazine June, était alors sous l'influence d'un auteur bien connu et d'un critique littéraire.

Aujourd’hui, le Tanbi a finalement disparu, progressivement remplacé par le genre Boy’s Love au style plus populaire et facile à lire. Même les auteurs connus pour leurs travaux en tanbi comme Yoshihara Rieko (Ai No Kusabi) écrivent à présent sous le courant dominant du BL. - Commencer par mettre le nom de votre site à la place de "ICI Le Nom de Mon Site" dans le header (en haut). Pensez évidemment à mettre votre lien (url) dans le code.

Juin

June a été l’une des premières publications publiant des histoires d’amour entre homme dans le style du Tanbi, à la fin des années 80. De ce fait, le lectorat de ce genre nouveau prit l’habitude de nommer les œuvres mettant en scène une histoire d’amour entre homme à destination des femmes comme June. Mais ce terme étant avant tout un nom commercial pour magazine, il tomba finalement en désuétude. De plus les œuvres mettant en scène des histoires homosexuelles masculine à destination des femmes, évoluant sans cesse, arborant régulièrement de nouveaux courants, la catégorie entière est aujourd’hui nommée : Boy’s Love.
Shonen ai

Shonen-ai est un terme désuet. Il se réfère à des rapports forts entre adolescent et garçons pré-pubères. Les histoires mettent en avant des relations poétiques, platoniques ou romantiques. Il s’agit plus d’une sous-catégorie du shojo utilisé pour définir certaines histoires écrites dans les années 70 et 80 par des auteurs comme Hagio Moto ou Takemiya Keiko.

Les histoires postérieures à ces années et présentant des rapports homosexuels masculins ont alors été nommées Yaoi.

Yuri

Véritable pendant féminin du genre Yaoi, le Yuri met en scène des couples de femme, qu’il s’agisse d’amour ou d’une relation d’amitié très forte. Son nom est né du terme de Yurizoku (« tribu de lys ») qui était dans les années 70 le terme désignant au Japon, la communauté lesbienne.
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© Les Editions Muffins - v02 - Fev2009